Le taux d’intérêt demeure la variable centrale de l’immobilier résidentiel

5 janvier 2016

« La faiblesse du pouvoir d’achat limite la contribution du revenu à la solvabilité »

 

Par Alain Tourdjman, directeur des études économiques, Groupe BPCE

Alors que la politique publique ne peut plus jouer qu’à la marge un rôle d’amortisseur de la conjoncture et que l’effet conjoint de la montée du chômage et de la stagnation du pouvoir d’achat limite la propension des ménages à se lancer dans l’accession quoi qu’il en coûte, le taux d’intérêt du crédit, principal facteur de résilience du marché, demeure plus que jamais la variable centrale de tout scénario de moyen terme pour l’immobilier résidentiel. L’indicateur BPCE de solvabilité des ménages est demeuré stable entre 2006 et 2012. La faiblesse récurrente du pouvoir d’achat (même si le pouvoir d’achat global se redresse et devrait encore dépasser 1 % en 2015 et 2016, calculé par ménage, il n’aura finalement pas retrouvé son niveau de 2007 en 2016) limite de facto la contribution potentielle du revenu à la solvabilité. Celle-ci s’articule surtout autour du couple taux – prix qui s’est ajusté à une forme de statu quo avant de bénéficier aux ménages via la baisse brutale et de grande ampleur des taux d’intérêt. Cette situation plus favorable est susceptible de redonner de l’élan à l’accession mais aussi, comme en 2010-2011, de produire un rebond des prix qui capterait une part d’autant plus importante du potentiel de relance associé à cette nouvelle configuration que les taux se redresseraient ou que la durée moyenne d’emprunt reculerait à nouveau

 

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